Le conflit qui oppose la maire de Bron, Annie Guillemot (PS) et son adjointe à la culture, Elizabeth Brissy-Queyranne (PS) a largement été relayé ici ou là. On se rappelle que c’est le chantier de la coûteuse nouvelle médiathèque de la ville qui avait enflammé les esprits. La première dame imposant en force son projet à la seconde. S’ensuivit recours, protestations et autres querelles intestines au sein du PS brondillant. La question étant, au final : et l’avis des habitants de la commune dans tout ça ?
Furieuse de la tournure que prenaient les choses, Madame le Maire retira leur délégation aux adjointes récalcitrantes et prit en main la gestion de la maîtrise d’œuvre du chantier. La question étant ici : est-ce réellement la vocation d’une mairie ?
En guise de représailles, car désormais cantonnée dans un rôle de simple opposante municipale, la femme du député Jean-Jacques Queyranne, décida lors du dernier conseil municipal de voter contre le budget présenté par son ex-amie Guillemot. Vous suivez ? Pour le PS local, trop c’est trop.
Finalement, les Potins d’Angèle révélaient la semaine dernière que le PS rhodanien avait décidé d’exclure Madame Queyranne, fait suffisamment rare à la veille d’élections importantes comme la présidentielle et les législatives.
Cette tragi-comédie, digne de l’affaire des vespasiennes de Clochmerle, pourrait faire sourire si elle n’avait, en réalité, des conséquences néfastes pour l’avenir de Bron et, au-delà, sur la destinée de la 7ème circonscription. Explications :
1 – Clan contre clan
On assiste désormais à une lutte très claire entre deux camps. D’un côté Annie Guillemot, qui, furieuse de ne pas avoir obtenu l’investiture pour les élections législatives de 2012, n’a d’autre choix que de marquer son territoire. De l’autre, la dynastie Queyranne qui compte bien garder sa main-mise sur Bron et la circonscription. En effet, Jean-Jacques a longtemps été maire de Bron avant d’être député. Son épouse se verrait bien prendre la suite naturellement, dans un pur style monarchique. Et dire qu’on en a fait des tonnes sur l’EPAD de Jean Sarkozy (poste non rémunéré pour rappel).
2 – Lutte d’influence pour les élections à venir
Au-delà de cette gue-guerre (à croire que les élus socialistes de ce territoire s’ennuient), l’enjeu réside dans les prises de position pour les élections à venir. Madame Guillemot rêve d’un destin national, sénatrice plus précisément. Elle a impérativement besoin de conserver son mandat de Conseillère générale pour arriver à ses fins. Pas question de laisser le champ libre à des prétendantes dans son propre parti. La ville de Bron reste donc son camp retranché pour asseoir ses intentions.
3 – Divisions latentes et permanentes
Les prises de bec socialistes fratricides sont légion dans la 7ème circonscription. Ainsi, Hélène Geoffroy, actuelle candidate PS pour les législatives, avait déjà écarté son « camarade » Philippe Zittoun à Vaulx-en-Velin. Finalement, les mêmes protagonistes se trouvent plus ou moins directement impliqués dans ce qui se passe aujourd’hui à Bron. En effet, lors des dernières investitures pour les élections législatives de juin 2012, Jean-Jacques Queyranne, qui sentait le vent du cumul des mandats tourner, a poussé cette même Hélène Geoffroy (Conseillère municipale, Conseillère générale….. à se demander si le cumul est la véritable raison de son choix) alors qu’Annie Guillemot voulait également se présenter.
Cet imbroglio révèle en tout cas l’état désastreux de la représentation politique en place dans la 7ème circonscription. Cumuls, partage des fonctions de façon héréditaire (il suffit de regarder les noms des élus dans les différents conseils municipaux de Bron, Rillieux…), nombrilisme, mépris de la démocratie et des responsabilités confiées par les électeurs déroutés, abandon des mandats conquis et absentéisme record, et, pour finir, vendetta pour les places.
Le PS est tellement persuadé d’être invincible dans ce secteur qu’il ne prend plus la peine de lever les yeux, d’écouter les électeurs (abstention forte lors des derniers scrutins….), de se remettre en question.
Tout ça se fait au détriment des habitants qui aimeraient juste qu’on s’occupe d’eux, de leurs problèmes de logement, de transport, de boulot et des communes, notamment Bron, qui ne cesse de faire fuir ses habitants.
Voilà pourquoi, depuis toujours, je prône le rassemblement de notre camp car je sais que c’est ce qu’attendent les habitants, lassés des divisions qui n’intéressent que celles et ceux qui les entretiennent. Ils veulent des élus qui agissent, des élus qui travaillent, pas des boxeurs à la recherche d’un titre.

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