Y’a t’il encore des Monsieur Séguin ?

Copie d’un article écrit en 2010…

Tout a été dit aujourd’hui sur Philippe Seguin, ou presque.
L’ensemble de la classe politique s’accorde pour reconnaître le caractère fort de l’homme, ses convictions profondes, parfois affirmées à contre-courant de sa propre famille politique,  ses positions authentiques et son originalité.

Le Président de la Cour des Comptes ne laissait pas insensible et était, en quelque sorte, un satellite original en marge des comportements habituels du microcosme politique policé. Son parcours (Député, Maire, Ministre, Président de l’Assemblée Nationale, patron du RPR, Président de la Cour des Comptes) témoigne en tout cas que tempérament, convictions, compétences et goût du débat peuvent se conjuguer pour réussir en politique.

Oui, mais voilà… Cette attitude a payé de 1943 à ce jour. Qu’en est-il réellement aujourd’hui ? Un tel cheminement ponctué de de prises de positions originales est-il encore possible en politique ? Pas si sûr.

A l’ère du politiquement correct, érigé, avec le sacro-saint principe de précaution, comme méthode incontournable et systématique de gouvernance, le débat et les idées « à la marge » en prennent un sacré coup !

Les partis politiques, de gauche comme de droite, n’ont plus de trublions susceptibles de dynamiser le débat interne et de provoquer des remises en cause.

Seule Ségolène Royal essaie tant bien mais plutôt mal de jouer le rôle de remue-méninges au PS. Mais encore le fait elle maladroitement, sans réussir à s’imposer, sans franchement quitter l’appareil et en évitant le terrain des idées, misant tout sur la communication et l’effet de buzz médiatique.

A droite, c’est Nicolas Sarkozy qui porte ce flambeau à défaut de relais efficaces et crédibles.

Le débat sur les chiffres réels des adhérents aux deux principaux partis français (PS et UMP) enfle de plus en plus. Le nombre de cotisations semble suivre une tendance inexorable à la baisse. De plus en plus de groupes de militants pour telle ou telle cause sociétale, politique, environnementale, se créent un peu partout, notamment sur les réseaux sociaux. C’est la cas aussi pour Vincent Peillon et Jean-François Copé qui animent des groupes de réflexion et d’idées en dehors de leurs partis d’appartenance.

Il n’est donc pas inopportun de se poser la question du rôle et de l’organisation des mouvements de représentation politique. S’ils servent bien entendu de machines utiles pour gagner les élections, leur rôle d’explorateurs d’idées et d’animateur du débat républicain, souvent emmenés par des caractères puissants comme l’était celui de Philippe Séguin, semblent faire défaut et décevoir leurs adhérents potentiels.

La dernière tentative en cours, de débat sur l’identité nationale, en est l’exemple flagrant. Lancé par Eric Besson, ce rendez-vous avec les Français semble s’enliser et déraper faute de meneur charismatique. C’est aujourd’hui encore un caractère « fort », Jean-Marie Le Pen, qui, du coup, s’appropri cette thématique et la reprend à son compte.

Y’a t’il encore des Philippe Séguin en politique ?

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *